Mar 22, 2006
Chers participants,
Nous vous invitons à prendre connaissance du résumé des discussions de la semaine dernière.
Question : A votre avis, quelles actions, le Fonds mondial, devrait–il entreprendre afin d’avoir un effet positif (c'est-à-dire, faire baisser les prix, assurer les approvisionnements durables, etc...) sur le marché des produits de santé essentiels (par exemple, les médicaments anti-rétroviraux, les moustiquaires, les tests diagnostiques, etc) utilisés pour la prévention, le traitement et le soins du VIH/SIDA, de la tuberculose et du paludisme ?
Participants:
Ben Karenzi (Rwanda), Mohammed Jimoh (Nigeria), Rose Joshi (Nepal), Njei Moses Timah (Cameroon), Manuel Lluberas (FL, USA), Vanessa Marenco (DC, USA), Darren Fast (Canada), Pinaki Mukherjee (India), Don Pedro (Denmark), Umesh Vanahalli (India), Stella Attakpah, (Austria), Manuel Lluberas, (FL, USA), Basil Kransdorff, Jack Mann, (Canada), Ddungu H, Pramod Dingh (India), Loverne Scott-Heron (Denmark), Joseph Mambo (Tanzania), Odong (Uganda) A J Hardy, (USA), Tasleem Akhtar (Pakistan), Athanase Loshima, St. Alex Ofhsna (RD Congo), Jean Gilbert Kabeji, Peter Kimbondo (RD Congo), Mangaty ,Lengo (Senegal), Dahane Hakim, Emmanuel Roch, Azamat (Kyrgizstan), Gennady Roschupkin (Russia), Samad (Russia), Victoria (Russia), Yuri Verdesh (Moldova), Gulnoz (Uzbekistan)
Forum français:
1. Il va falloir réviser le système d’approvisionnement des produits de santé essentiels, pour diminuer les problèmes administratifs. Le Fonds mondial pourrait négocier des conventions de partenariat avec des sociétés pharmaceutiques, afin d'assurer les mécanismes simples qui pourraient décharger le système d'approvisionnement.
2. Le Fonds mondial pourrait encourager la subvention des médicaments par les entreprises privés.
3. Il faudra que l'approvisionnement se fasse d'une manière directe par le Fonds mondial aux BP, qui pourront les distribuer aux Sous Bénéficiaires.
4. Pour bénéficier des réductions ou d’autres avantages, le Fonds mondial devrait signer les conventions avec les fabricateurs des produits de santé. Sinon, un impact décisif pourrait être observé si on délocalisait les usines pharmaceutiques pour les implanter dans les pays à forte prévalence. Il faudrait que cette action soit subventionnée par le Fonds mondial.
5. Le Fonds mondial devrait travailler en partenariat avec les structures locaux : des structures qui favorisent l'accès aux dépistages et les médicaments, qui mettent à la disposition des populations cibles des moustiquaires imprégnées, ainsi que les hôpitaux, par exemple.
6. Le Fonds mondial doit encourager la recherche et le développement des produits de santé essentiels. Il doit renforcer les programmes de contrôle des vecteurs de la maladie.
7. Le Fonds mondial pourrait créer un fond de secours communautaires pour assurer les approvisionnements durables.
9. Le Fonds mondial devrait augmenter les financements actuel de 100 % pour permettre le développement des systèmes de prévention à grande échelle et créer des infrastructures d'appuis dans les régions différents afin d’atteindre l'objectif de millénaire : le vaccin et les produits efficaces contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose.
10. Le Fonds mondial doit impliquer une intensification de l'aide ciblée par le biais de partenariats novateurs qui ne se limitent pas aux secteurs et services traditionnels de la santé.
11. Pour diminuer les barrières auxquelles font face les ONG, les gouvernements, le secteur privé et les gens pauvres et les aider à atteindre leurs objectifs ; le Fonds mondial doit renforcer leurs capacités par l’appui technique et financière, et assurer l’équilibre.
Forum anglais:
1. Prendre en considération la représentation des principaux fabricants de produits ou de leurs consortiums lors des assemblées, par exemple, en tant que financier principal des consommateurs ou - plus ambitieux - en tant que participant, pour influencer le marché.
2. Collaborer davantage avec les organisations similaires du secteur privé pour influencer les marchés de produits de première nécessité, par exemple comme le fait actuellement la Fondation Clinton, etc.
3. Prendre en considération la recommandation de réductions d’impôts pour les sociétés qui offrent des subventions de médicaments ou des prix économiques.
4. Dépenser plus dans la recherche, dans les technologies appropriées pour la fabrication locale et le contrôle vectoriel.
5. Identifier des fabricants et des distributeurs crédibles ; proposer des contrats sur le long terme pour garantir la qualité et les prix.
6. Travailler avec les ONG orientées vers la protection de l’environnement et les soins de santé primaire pour améliorer la prévention du paludisme.
7. Mettre l’accent sur l’entomologie et la gestion vectorielle intégrée de qualité dans les programmes de contrôle du paludisme.
8. Créer ou soutenir des micro entreprises et industries au niveau local, qui pourraient apprendre à fabriquer des moustiquaires contre le paludisme ou bien travailler avec les gouvernements pour gérer les ressources en dehors des médicaments, afin d’améliorer l’aide sociale.
9. Impliquer les communautés dans la recherche de solutions de travail au niveau local, par exemple, la production, les médicaments génériques, etc.
10. Constituer un centre de recherches dans un pays approprié dépourvu de controverse, avec des Experts et des CSO pour travailler à l’objectif d’influencer les marchés de produits sanitaires de première nécessité.
11. Impliquer les détaillants et prendre en considération les vendeurs basés dans la communauté - travailler avec eux sous l’égide d’agences nationales de réglementation de la spécialité pharmaceutique - pour assurer la viabilité, fournir un stock de départ et encourager un marketing plus agressif.
12. Développer une liste standard de fournitures applicables aux priorités du Fonds mondial - le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose.
13. La question de l’alimentation en tant que fourniture essentielle dans la prévention et le traitement devraient recevoir une plus grande priorité.
14. Découvrir plus de manières de soutenir et d’encourager les sociétés susceptibles de fournir des prix nettement inférieurs, mais ayant souvent peur de créer un prix différencié sur le marché global.
15. Se concentrer sur les processus de réduction des coûts, sur les dépenses dans d’autres secteurs afin d’optimiser la fourniture à court terme de produits sanitaires de première nécessité.
16. Rationaliser le processus des achats et stocks des produits entre industries pharmaceutiques, gouvernements et communautés : il y a trop d’insuffisance (coût) et d’inefficacité dues aux retards, etc.
17. Créer un fonds d’urgence pour garantir la viabilité des fournitures et augmenter de manière significative le budget actuel des produits sanitaires de première nécessité, par ex. de 100%
18. Renforcer la capacité des partenaires publics, civils et privés à négocier et à fournir des produits.
19. Penser au secteur privé pour subventionner davantage les prix par le biais de mécénats, par exemple, ou par la publicité sur les emballages : par ex. « Subventionné par la société YZ12 ».
Défis :
1. Il se peut que l’idée d’influencer la fixation des prix n’ait pas été une perspective raisonnable de la part du Fonds mondial puisque le nombre de variables de marché qui l’influencent est trop important pour qu’un seul fonds puisse y parvenir seul. (Cependant, en tant que financier de la plupart des consommateurs d’ACT, le Fonds mondial pourrait avoir ses chances.)
2. Il existe un plus grand besoin en matière d’agences de développement en général, pour examiner et mieux comprendre les problèmes locaux et leurs causes afin de développer des solutions locales réalisables, par ex : la réduction générale de l’immunité en Afrique au fil du temps, la préférence des guérisseurs traditionnels et de la médecine nutritionnelle par rapport aux médicaments manufacturés, etc… facteurs qui influencent tous la demande.
3. Il existe trop de solutions spécifiques pour trop de situations locales (variables ou facteurs ayant une influence sur l’offre et la demande du marché) ; plus la communauté locale se sentira concernée par la réussite de la solution, plus elle sera efficace à plus long terme.
Forum espagnol:
1.- Le Fonds mondial devrait insister pour que les organisations internationales comme l’UNICEF, l’IDA ou l’UNFPA - à savoir les agences recommandées pour les achats de produits sanitaires de première nécessité comme les préservatifs, les ARV… en raison de leurs atouts en matière de prix - fassent un meilleur travail et soient plus efficaces. Elles sont actuellement trop lentes, et l’accès aux données, notamment fournisseurs, permis sanitaires, formalités d’importation et autres questions importantes est très souvent inefficace ; par ailleurs, beaucoup de commandes arrivent incomplètes.
Un engagement ou une alliance supérieur(e) serait souhaitable entre le Fonds mondial et les agences mentionnées en vue d’un meilleur fonctionnement et, par conséquent, de meilleurs résultats.
2.- L’investissement de la part du Fonds mondial dans des infrastructures produisant des ARV, des moustiquaires et des médicaments de base dans les pays où l’incidence des maladies est supérieure pourrait permettre de réduire considérablement les coûts. Il serait même possible de générer des bénéfices qui pourraient être réinvestis dans d’autres chaînes de production et de distribution. Les gouvernements devraient bien sûr appuyer ces initiatives ; on pourrait définir avec eux des accords en matière de cession de terrains et de diminution d’impôts, ainsi que mise en œuvre de lois ou promotion pour que les personnes vivant avec le SIDA ou d’autres maladies bénéficient d’une certaine préférence en tant que travailleurs dans ces industries.
3.- Dans une perspective un peu plus utopique, nous devrions tous - Fonds mondial inclus - commencer à penser à grande échelle. Le Fonds mondial devrait faire pression sur les plus hauts tribunaux internationaux pour que des dispositions, consensus et lois soient adoptés en matière de contrôle de la recherche, production et distribution de médicaments et produits sanitaires de première nécessité, indispensables pour combattre les épidémies, les pandémies et les désastres naturels qui affectent l’humanité.
Forum russe:
1. l' ONU, en tant qu’organisation d’échelle planétaire, peut établir un contrôle du marché de médicaments essentiels, et c’est le Fonds mondial qui doit le mettre en pratique.
En termes pratiques ce sont :
1.1. Une accumulation des moyens financiers ;
1.2. Une initiation, un financement et un monitoring de recherches scientifiques (allant jusqu'à la création d’un centre spécialisé sous l’égide de l’ONU, c'est-à-dire une concentration du potentiel scientifique) ;
1.3. Un appel d’offres à lancer parmi les producteurs potentiels (qui tiendrait compte de leurs potentiels productif et technologique, de la minimisation des frais, etc) ; une commande de la production (une soit disante « commande de l’Etat » à l’échelle régionale et aussi une réception par l’Etat des produits à livrer), dans ce cas les compagnies parmaceutiques lutteront pour obtenir des « commandes de l’Etat ».
1.4. Une initiation de la prise d’une décision par l’Assemblée Générale des Nations Unies portant minimisation d’impôts, de taxes sur l’utilisation des ressources et leur déplacement.
Ce sont les quatre directions majeures, il est également nécessaire de développer un certain méchanisme d’exclusion de la corruption et de malversations.
Une telle approche est susceptible d’activer les recherches scintifiques et de réduire sensiblement les prix des médicaments et des produits préventifs.
2. Le Fonds mondial doit encourager les bénéficiaires de subventions de créer des systèmes d’approvisionnement en médicaments de qualité (par exemple, antituberculeux) dans leur propre pays. Il faut également que la présence dans le pays d’un système de management de médicaments devienne un condition indispensable sous forme d’une structure d’enregistrement, d’achat et de distribution de médicaments et de leur acheminement directement jusqu’au malade – (DOT) dans le cas de tuberculose. (participant de l'Ouzbékistan)
Problèmes existants:
Le participant de la Moldova: le développement et la production des médicaments se trouvent entre les mains d’un nombre restreint de compagnies pharmaceutiques, et que le marché en revêt un caractère monopoliste. Comme suite, on est en présence d’un long processus de parution au marché de médicaments basés sur des acquis de la science et une longue période d’existence de prix élévés des médicaments paraissant. C’est valable par rapport aux ARV comme aux médicaments contre la tuberculose.
Questions :
Qu’est-ce qui empêche de lancer la production d’ARV par les compagnies locales (Russie) et qu’est-ce qu’il leur faut pour le commencer ? Est-il possble d’organiser des livraisons directes de médicaments dans des établissements de thérapie et de prévention (ETP) sans passer par d’innombrables intermédiares ? C’est également valable par rapport à des mousticaires, des tests diagnostiques, etc.
Nous vous remercions de votre participation.
Equipe de modérateurs.