Bonjour à tous et particulièrement à l’équipe de facilitation de MonFondsMondial.org. La question est de savoir, quelles données le Fond mondial pourrait-il et devrait-il recevoir pour mettre en évidence que l’approche d’un programme est :
- conçue pour répondre aux besoins des femmes, des filles et des minorités sexuelles en matière de VIH/SIDA, tuberculose et paludisme ?
- est fondée, faisable, durable et aura un impact ?
Je pense que le préalable est de commencer par introduire dans les indicateurs, le discernement par sexe et par âge. Cela veut dire que les indicateurs qui sont aujourd’hui décrits comme suit :
- Nombre de personnes sensibilisées ….
- Nombre de prestataires de soins …..
- Nombre de Personnes Vivants avec les VIH ….,
Devront désormais être décrit de façon plus analytique. C'est-à-dire comme suit:
- Nombre de femmes sensibilisées ….
- Nombre de d’hommes sensibilisées ….
- Nombre de garçons sensibilisés ….
- Nombre de jeunes filles sensibilisées ….
- Nombre de prestataires de soins hommes …..
- Nombre de prestataires de soins femmes …..
- Nombre de Personnes Vivants avec les VIH hommes….,
- Nombre de personnes Vivants avec les VIH femmes….,
On me dira que ça va être trop lourd, difficiles à gérer. Mais, malheureusement, on ne peut pas vouloir en même temps, une chose et son contraire. Si nous voulons prendre davantage conscience des réalités du genre et des différenciations liées au sexes et à l’âge dans la mise en œuvre de nos programmes, il n’y a pas d’autres moyens pour faire remonter les informations liées à ces catégories sociaux.
J’ai travaillé dans un projet VIH/SIDA financé par la Banque Mondiale où j’étais à la fois responsable suivi et Evaluation et de la réponse locale au VIH. Je faisais collecter par mois 80 indicateurs dans la seule composante communautaire de ce projet. Au début des critiques fusaient de partout. Au niveau du projet : c’est trop lourd, tenons nous seulement aux indicateurs clés du projet (ils étaient au nombre de 15, ce qui est normal. Ils sont généralement des indicateurs d’effets, de résultats et d’impact et très peut d’indicateurs de processus). Au niveau des intervenants : c’est harassant de collecter tant d’indicateurs.
J’ai résisté aux critiques. Quelques mois plus tard nous avions commencé par avoir des données différenciées par sexe et par ages. Le projet exigeait au moins 50% de femmes dans la participation aux activités. Très tôt les indicateurs se sont améliorés, on remontait des niveaux périphériques au niveau central des données avec un fort taux de participation des femmes, des jeunes filles et des garçons. On pouvait se frotter les mains et dire qu’on a tenu un pari, celui d’impliquer les femmes et les enfants et de prendre en compte leurs préoccupations. Au cours d’une supervision, nous nous sommes rendu compte qu’il ne suffisait pas seulement de recevoir dans les bureaux des fiches indiquant un fort taux de participation des femmes pour conclure que le pari a été tenu. Nous nous sommes rendu que surtout en milieu rural :
1 – beaucoup de femmes demandaient la permission à leur époux avant de se rendre à des séances de causeries ou de sensibilisation.
2 – Certains hommes interdisaient à leurs femmes de prendre part à ces séances au cours desquelles on parle de préservatif et d’abstinence
3 – Au cours des séances publiques, les femmes n’ont pas le courage de s’exprimer librement sur certains sujets en présence de leurs époux et
4 – les jeunes filles et les jeunes garçons n’ont pas aussi le courage de s’exprimer librement sur certains sujets en présence de leurs parents.
Dans ces conditions peut on vraiment dire que les femmes et les jeunes filles sont impliquées ?
La composante réponse locale du projet étant axée communautaire, avec à la clé l’approche participative, nous avons renforcé la capacité des ONG qui, en tant que prestataires, on aidé à partir du diagnostic participatif, à élaborer avec les communautés des plans d’action de lutte contre le VIH/SIDA. L’unité de base pour les interventions était le village en milieu rural et les organisations à base communautaire (OBC) en milieu urbain. A l’intérieur de ces deux entités (Villages et OBC) il est fait chaque fois un état des lieux par le diagnostic participatif (avec spécificités pour les femmes, les hommes, les jeunes filles, les garçons, les personnes âgées, etc..) pour ensuite aboutir à un plan local de lutte contre la maladie. Les travaux de groupe par sexe et par âge ont permis de mettre ensembles les personnes de même catégories, ainsi l’effet de censure par la présences des parents pour les plus jeunes et la présence des époux pour les femmes mariées était négatif et a permis à chaque catégories de paires de s’exprimer librement et de formuler librement des critiques.
J’ai parlé plus haut de 80 indicateurs. Il ne s’agit pas pour le Fonds Mondial de collecter 80 indicateurs. C’est clair que les indicateurs clés d’un projet ne devront pas dépassé 15. Des cas exceptionnels peuvent conduire à 20. Il s’agit des indicateurs contractuels qui figurent dans l’accord de subvention. Malheureusement, tout le monde s’en tient à ses indicateurs et on oublie de consigner et de documents certains faits important de la vie du projet qui participe des leçons apprises, de preuves pour témoigner la pertinence, de mesure pour indiquer l’efficience. Pour ce le cas dont je viens de parler, il y des mois où certains sites ne renseignent que 5 sur les 80 indicateurs intermédiaires retenues. (Nous pourrons revenir sur cette expérience).
Donc pour booster les questions sur le genre, l’approche communautaire serait salutaire et c’est heureux que pour la série 8 un accent particulier soit mis sur les interventions au niveau communautaire. Cette approche bien appliquée, permettra le passage à l’échelle et la réalisation de l’accès universel tant souhaité.
Il y a aujourd’hui un manque de clarification des concepts, des rôles et responsabilités dans l’adoption d’une telle approche. Aujourd’hui il existe une confusion dans les interventions faites par les ONG et les interventions qu’on peut qualifier de communautaire. Si nous voulons avoir une efficacité pour nos interventions il faut faire un distinguo entre l’approche communautaire et l’approche basée sur les interventions des ONG. La première offre plus de chances de toucher aux question du genre, d’avoir de meilleures résultats, de gérer avec efficience (puisse qu’elle coûte moins chère pour des résultats plus probants qu’ailleurs). L’approche basée sur les OBC et celle basée sur les ONG sont deux choses différentes et complètement opposée. Si l’on veut vraiment mettre un accent sur les interventions communautaires, il y a des clarifications de concept à faire pour s’assurer que tout le monde est au même niveau d’information et que nous considérons les mêmes choses dans la mise en œuvre de telle ou telle approche. Il faut ensuite proposer une méthode de base qui peut être adaptée selon les contextes et les réalités de chaque milieu.
En d’autres termes, il faut donner une réponse claire et sans ambiguïté aux questions suivantes :
Qu’est qu’une communauté dans le contexte des projets du Fonds Mondial ?
Qu’est ce qu’une approche communautaire ?
Qui en sont les acteurs ?
Qu’est ce qu’une approche basée sue les ONG ?
Qu’elle est le rôle des ONG dans une approche communautaire ?
Qu’elle est la méthode, ou qu’elles sont les méthodes pour mettre en oeuvre une approche communautaire respectueuse de l’approche genre?
Il s’agit de questions simples dont les réponses aideront à éviter des confusions. Je souhaite que les participants au forum réfléchissent à ces questions et donnent leur point de vue afin qu’ensemble on balise les voies pour une meilleures efficacité de nos interventions et que le forum prévoient des échanges sur l’approche communautaires et l’approche participative.
Merci