Interview: Dr Jo BAKUALUFU, Chargé de Suivi et Evaluation d’ACS Amocongo
|
ACS/AMOCONGO est
l’abréviation de Action Communautaire SIDA/ Avenir Meilleur pour Orphelins. Il
s’agit d’une ONG congolaise créée en 1993 pour les personnes touchées par les
problèmes de société en général et les problèmes liés au VIH/SIDA en
particulier. ACS/AMOCONGO est l’une des principales ONG nationales
intervenant dans la lutte contre le SIDA en RDC. Le 10 juin 2005, cette ONG
signait un important contrat de coopération avec le PNUD-Fonds Mondial
concernant la prévention, à travers le conseil et le dépistage volontaire et
un volet médical, avec la prise en charge de personnes vivant avec le VIH/SIDA
(PVV). Les principaux domaines d’intervention d’Amocongo sont la prise en
charge psychosociale et médicale, le dépistage volontaire et la recherche opérationnelle.
|
« Pour contrôler
l’infection à VIH, le traitement de choix reste les traitements anti
rétroviraux ARV pour des personnes éligibles. Malheureusement, trop peu de
personnes y ont accès. Nous prenons en charge les personnes infectées en
mettant un accent particulier sur des personnes dites à haut risque, comme les
professionnels du sexe, les camionneurs ou les hommes en uniforme », a
indiqué le Dr Jo. Par ailleurs, il faut absolument couper la chaîne de
transmission et faire en sorte que les personnes non infectées puissent se
protéger efficacement. Cela passe par la connaissance de son statut sérologique
et donc par le dépistage.
Dans le domaine
psychosocial AMOCONGO prend en charge 8 000 orphelins du SIDA sur les plans
scolaire, alimentaire et de l’encadrement ainsi que les PVV les plus démunies
de la communauté. AMOCONGO accorde aux PVV des moyens pour développer des
activités génératrices de revenus afin d’être autonomes au bout d’un certain
temps. Il s’agit ici d’assistances diverses dans les domaines alimentaire ou
vestimentaire, parfois même de l’assistance aux funérailles ou des garanties
locatives pour les femmes chassées de leurs maisons et rejetées par la société…
Selon Dr Jo « la stigmatisation et la discrimination sont fortes en RD
Congo. En ce qui concerne les activités génératrices de revenus, nous donnons
des formations de 6 mois en couture et nous aidons ces femmes à acquérir des
machines à coudre pour démarrer leurs activités. Nous offrons aussi des
formations dans la transformation alimentaire (fabrication de confiture, yaourts)
ou encore la gestion de kiosques de boissons. Pour les garçons, nous disposons
de notre propre école informatique et de gestion, d’une unité d’auto-école et
les accompagnons dans la recherche d’emploi. »
Sur le plan du dépistage,
ACS/MOCONGO a développé depuis bientôt 5 années, un axe de conseil et dépistage
volontaire à travers ses différents centres de CDV. A l’heure actuelle,
AMOCONGO compte 20 centres de prise en charge sur l’ensemble du pays, dont 8
fonctionnant grâce au financement du PNUD/ Fonds Mondial et 12 appuyés par d’autres
partenaires. « Actuellement, nous arrivons à dépister 1800 personnes par
mois. Le CDV constitue un volet majeur dans notre intervention. C’est la porte
d’entrée pour les gens admis dans notre programme : « 21 000
personnes se sont fait dépister volontairement cette année dans nos centres. »
Le 3ème volet
important est celui de la prise en charge médicale du VIH/SIDA et des
Infections Opportunistes (IO). A ce jour, 6 611 patients fréquentent les 7
centres AMOCONGO, parmi lesquels 2 100 sont mis gratuitement sous traitement
ARV grâce à l’appui du PNUD-Fonds Mondial. AMOCONGO dispose de 25 médecins
formés en prescription des ARV qui travaillent jour et nuit à côté des malades.
Ces médecins ont suivi des formations du Programme National de Lutte contre le
SIDA.
Un dernier domaine est
celui de la recherche opérationnelle, notamment des études CAP (Comportements,
Aptitudes, Pratiques) et post CAP, domaine dans lequel l’ONG se développe.
« L’appui du PNUD/ Fonds Mondial constitue environ 70% des
ressources de cette ONG, ce qui a permis de mettre 2100 patients sous
traitement ARV sur les 6600 qui fréquentent les centres de prise en charge; de
faire fonctionner 8 Centres de dépistage volontaire (CDV) et 7 centres de
Traitement Ambulatoire (CTA). »
www.pnud-fondsmondial.cd